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1. Travailler en autonomie à la maternelle
2. Le travail de groupe en résolution de problème

Situation de référence

Avec la maîtresse
Stéphanie- 1'27

Stéphanie est enseignante en classe de SG dans une école située en Réseau d’Education Prioritaire. Alors qu’elle prend en charge un groupe d’élèves dans le coin de regroupement, les autres élèves sont répartis dans la classe dans des ateliers dits « autonomes ». Dans son groupe dirigé, elle enseigne la compréhension de l’histoire « La reine des sorcières » en présentant la 1ère de couverture de l’album. Le reste de la classe est organisé en groupes et réalise des activités différentes : écoute d’une histoire, reconstitution de la couverture, pâte à modeler sur les émotions, reconstitution du titre de l’histoire. Le placement des élèves est libre.

L’enseignante est installée dans le coin de regroupement et tente de mener son activité avec un petit groupe d’élèves. Les élèves en autonomie sollicitent son attention systématiquement et la séance est entrecoupée par de nombreuses interventions et sollicitations des autres élèves.

 

Indices perceptifs lors de l’activité typique :

3’40 : « Maitresse, tu sais, eh bien Junior il a fait mal à le nouveau, il a craqué le doigt »

3’56 : « Tu ne fais plus ça d’accord ? Merci Owen. Tu m’en parleras après. »

4’11 : L’enseignante reprend son atelier dirigé, se prend la tête entre les mains « Vous êtes fatigués »

4’26 : « Maitresse, maitresse on n’a plus de colle »

4’30 : « Mais si demandez aux copains, demandez à Kulani et compagnie. »

 

Préoccupations lors de l’activité typique :

Enseigner dans l’atelier dirigé.

 

Connaissances et croyances mobilisées par l’enseignant lors de l’activité typique :

Les activités proposées permettent aux élèves d’évoluer en autonomie.

L’organisation de la classe (espace, matériel) sont suffisants pour que les élèves entrent en activité de manière autonome.

Les élèves sont capables de travailler ensemble et de s’entraider dans un groupe.

Les activités autonomes étant les mêmes sur une semaine, elles sont connues des élèves en fin de semaine et ne nécessitent pas d’explications supplémentaires par l’enseignante.

Cette activité est typique d’une question de métier qui n’est pas spécifique aux débutants : lorsqu’on organise la classe de manière à travailler avec un groupe dirigé, est-ce que les autres élèves sont en réelle autonomie ? Les conditions de l’organisation sont-elles propices au travail en autonomie, et par conséquent à l’enseignement dans le groupe dirigé ? Qu’apprennent les élèves qui sont seuls ? Comment faire pour gérer les élèves en autonomie et l’enseignement dans son groupe dirigé ?

 

Ici, Stéphanie fait le choix de laisser des élèves en atelier autonome pendant qu’elle prend en charge le groupe dirigé. Tous les élèves ne sont pas complètement installés dans les ateliers et attendent le signal de l’enseignante pour commencer (« On peut commencer maîtresse ? »). D’autres ont démarré l’activité rapidement voire l’ont terminée, ce qui cause un décalage entre les rythmes des élèves dans la réalisation de la tâche.

Certains n’ont pas compris la consigne tandis que d’autres sont en difficulté avec le matériel à utiliser (les tubes de colle), d’autres ne savent pas ce qu’ils ont à faire (enfants qui se promènent).

 

Lors de son entretien, l’enseignante fait part de son étonnement quant au manque d’autonomie de ses élèves, aux difficultés qu’ils rencontrent dans l’utilisation du matériel et dans l’organisation de la tâche.

 

Le dilemme professionnel lié à cette situation est celui du développement de l’autonomie chez les élèves. Accompagner ou diriger un atelier ne signifie pas s’installer un moment avec le groupe, mais ne sous-entend pas non plus rester en permanence avec celui-ci, perdant de vue le reste de la classe ou refusant de se lever de temps à autre pour réguler les autres groupes.

 

Accompagner ou diriger un atelier signifie que l’on a fait comprendre aux autres élèves que l’on ne doit pas être interrompu pour des détails, ni même pour constater le résultat des activités des ateliers autonomes, ni encore pour demander quelle activité il est possible de faire en fin de tâche. Les différentes possibilités (activités de « délestage ») ont été prévues en amont et les enfants les connaissent bien, elles sont toujours sans difficulté, ludiques et, soit routinières, soit exceptionnelles et mise en place par l’enseignant. L’école maternelle doit permettre aux élèves de faire le plus de choses possibles sans intervention de l’adulte au niveau de la gestion matérielle et de la démarche mentale et ainsi garantir qu’ils automatisent certaines procédures leur assurant de chercher par eux-mêmes les réponses, les outils, sans que l’enseignant ne soit le point de passage obligé vers la mise en œuvre du travail.

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