Situation de référence
Ça a hape !
« Ça a hape ! » caractérise une situation où l’enseignant est confronté à une alternance codique employée par un élève.
Face au film de sa classe et sollicitée par les formateurs, Vahineterai tente de donner du sens au fait de reprendre son élève sur cette phrase caractéristique du français local « Ça a hape ».
Elle s’efforce d’employer et de faire employer à ses élèves un français standard et institutionnel en classe.
La séance filmée relate un extrait d’un cours de mathématiques, en classe de CE2-CM1. La classe est divisée en deux. Un premier groupe travaille sur de la résolution de problèmes en suivant la méthode Singapour, l’autre groupe travaillant en ateliers autonomes.
En milieu de séance, Vahineterai circule dans les ateliers du second groupe.
C’est à ce moment que se déroule l’échange entre elle et son élève.
Dans cette situation, Vahineterai souligne le fait que l’emprunt de modélisateurs appartenant à la langue tahitienne tels que « ra » « nae » « paha » est courant chez les élèves. Elle essaye de faire preuve d’exigence quant à leur manière de s’exprimer : « Je les reprends pour qu’ils sachent bien se structurer dans une langue ». Par ailleurs, il lui importe de corriger les élèves à l’oral afin qu’il n’y ait pas de transfert à l’écrit.
Du point de vue de son histoire, elle raconte que la maîtrise du français de l’institution était un signe de réussite scolaire dans son enfance. Elle ajoute que : « La langue tahitienne n’était pas interdite mais avait une autre connotation. » Lorsque ses parents employaient le tahitien, cela signifiait qu’ils étaient « fâchés », signe de réprimandes.
Cette situation soulève plusieurs problématiques.
- L’aspect cognitif dans l’utilisation des langues pour apprendre : Quelle place pour le français local en classe ? (langue pour apprendre/langue à apprendre)
- L’approche sociolinguistique : Comment notre vécu forge-t-il notre identité professionnelle ? Comment les langues structurent-elles notre identité, notre histoire et influencent-elles nos pratiques professionnelles ?
- Comment comprendre l’élève polynésien lorsqu’on arrive en Polynésie ? Comment saisir les spécificités de l’usage de la langue, du français local ?
Le dilemme professionnel lié à cette situation repose sur la nécessité ou non de reprendre un élève qui s’exprime en français local. Quelle place lui donne-t-on à l’école ?
Vécu professionnel
La valeur du Tahitien
Enseignants nouvellement arrivés en Polynésie
Je les reprends
Erreur inacceptable à l'écrit
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Le français local... un plus pour enseigner ?
L'interlangue, une étape normale
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